Première mention de Neotinea tridentata en Savoie

La chance et le hasard sont souvent étroitement liés. Jean Louis Bory disait: “toutes les rencontres se font par hasard”, et Pierre Dac avait cette formule: « la chance, c’est une question de veine ».

Du hasard, de la chance ou de la veine, il en fallait pour effectuer la première observation de l’orchis à trois dents en Savoie (neotinea tridentata). Un seul pied, pour un département dont la superficie est de 602 825 hectares, soit 6028 kilomètres carrés!!. Cette observation était vraiment loin d’être acquise, relevant même du défi quand on sait que la zone de répartition géographique de cette espèce se limite en France à la Provence et aux pentes ensoleillées de certains massifs des Préalpes calcaires, faisant une timide incursion dans le sud des départements de l’Ain et des Hautes-Alpes, où elle atteint la limite nord de sa répartition.

En Savoie, les secteurs a priori les plus favorables pour cette première mention auraient pu être les pentes herbeuses sur calcaire qui ne manquent pas sur l’ensemble du département. Tout comme les pelouses arides en friche, à faible altitude, puisque cette espèce peine habituellement à atteindre 1000 mètres, comme c’est le cas sur les contreforts du massif du Vercors où elle côtoie généralement l’ophrys de la Drôme ou l’orchis de Provence (Ophrys drumana et Orchis provincialis), deux espèces péri-méditerranéennes.

Pour mettre le doigt dessus en Savoie, il fallait parcourir la pinède à pins sylvestres qui s’étend au-dessus de Termignon, en Haute-Maurienne, sur son versant exposé plein sud à l’altitude de 1580 mètres!! L’été transforme ce site en véritable fournaise, et ces conditions d’ensoleillement particulières,  comme la faiblesse des précipitations ont favorisé la formation de pelouses steppiques avec un type de végétation rare en Savoie comme au niveau national, où dominent certaines espèces de graminées comme le stipe à tiges laineuses (Stipa eriocaulis). Mais l’orchis à trois dents se développe ici en compagnie de la clématite alpine (Clematis alpina),  la racine de corail (Corallorhiza trifida) et le sabot de Vénus (Cypripedium calceolus), trois espèces dont les deux premières ont, l’une et l’autre, un caractère montagnard nettement plus affirmé.

Au printemps 2015, à la même date, il n’y avait plus le moindre indice de présence de l’espèce sur le site, mais on peut émettre l’hypothèse que l’événement peut se reproduire à nouveau en Savoie, en Haute-Maurienne ou ailleurs. Alors, ouvrons l’œil!!.  (Cette donnée fut transmise au Parc National de la Vanoise le 16 juin 2013, soit deux jours après cette découverte).

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